Les entreprises du Québec ratent le train de la vidéo en ligne

15 mars 2010
par Renato Cudicio, président de multiple-media.com

Les résultats du plus récent sondage du Baromètre multiple-media.com sont sans appel: seulement 8 % des entreprises du Québec utilisent YouTube dans leur stratégie de marketing en ligne. En ne diffusant pas de vidéo sur ce site, les entreprises passent à côté d’une opportunité importante d’accroître leur notoriété et de générer du trafic vers leur site corporatif.

Les plus récents sondages (1 et 2) sur l’usage de la vidéo en ligne aux États-Unis (similaire en termes de consommation au marché canadien) démontrent qu’il y a aujourd’hui quasi autant de personnes qui visionnent des vidéos en ligne (8,6 sur 10) que de gens qui regardent la télévision conventionnelle; et que YouTube, avec ses 6 milliards de clips diffusés par mois pour plus de 100 millions de visiteurs uniques, est le numéro 1 incontesté des sites vidéos. Alors que l’on peut facilement expliquer qu’une entreprise n’introduise pas la télévision dans son mix média, la diffusion de vidéos en ligne ne rencontre pas les mêmes barrières et il est plus difficile de justifier pourquoi les entreprises, pourtant toutes présentes sur Internet, n’exploiteraient pas le potentiel du média social le plus populaire.

Les entrevues téléphoniques réalisées en février 2010 auprès de cadres Marketing et TI d’entreprises de plus de 50 employés font apparaître le peu de place que va continuer d’occuper la vidéo en ligne au Québec dans les plans marketing au cours des douze prochains mois… et donc l’immense opportunité qu’elle constitue pour ceux qui sauront l’introduire intelligemment dans la boite à outils de leurs stratégies marketing en ligne.

Vidéo sur Internet, des places à prendre

Près de la moitié des entreprises du Québec (45 %) ne produisent jamais de vidéos et, de celles qui en produisent (55 %), la majorité les diffuse sur Internet pour atteindre le même objectif louable de faire la promotion de leur produit. « Nous voulons faire connaître notre produit… » : que ce soit dans le secteur manufacturier ou dans l’agroalimentaire, la presque totalité des cadres marketing et TI que le Baromètre a interviewés expliquent de la même manière le recours à la diffusion de vidéo sur Internet et présentent donc des clips à saveur publicitaire ou technique. Quelques entreprises, dans le domaine des loisirs, de l’hôtellerie et de la santé, vont au delà-de la simple présentation de produits pour « montrer les conditions d’enneigement de la station de ski » ou « donner une image plus humaine des services que nous rendons à la population ».

FAITS SAILLANTS

Seule une entreprise québécoise sur trois exploite le potentiel de la vidéo sur Internet

Avez-vous déjà utilisé un clip vidéo dans le cadre de vos stratégies marketing sur Internet ?
Oui 37%
Non, cas nous ne produisons jamais de vidéos 45%
Non, nous produisons des vidéos mais sans les diffuser sur le Web 18%

Cette utilisation conventionnelle de la vidéo comme support à la vente se traduit par le type de vidéos qui sont diffusés: quasi exclusivement des présentations de produits et des vidéos corporatifs. Les vidéos à caractères éditorial ou viral sont absentes du paysage.

FAITS SAILLANTS

La vaste majorité des vidéos présente des produits ou services

Quel est le contenu de ces vidéos ?
Publicité TV 16%
Vidéo Corporatif 35%
Présentation marketing de certains produits ou services 53%
Mode d’emploi pour un produit 9%
Présentations internes pour nos employés 7%
Autre 16%
Ne sais pas 1%

Seulement 1 entreprise sur 5 utilise YouTube

À l’heure où le principal enjeu des stratégies Web est d’être visible et bien positionné dans les engins de recherche, ne pas recourir à YouTube dans une perspective de SEO (Search Engine Optimization) doit déclencher des signaux d’alerte. Avec un trafic équivalent (et même supérieur dans certains cas) à celui de Google, YouTube — qui appartient aussi à Google – possède un quasi monopole au Québec (la situation est quelque peu différente aux USA à cause du nouveau joueur Hulu) et YouTube offre donc aux entreprises des possibilités de visibilité supérieures à Google car la majorité des vidéos y sont de peu d’intérêt et absolument pas optimisées pour l’indexation. L’équipe du Baromètre a été surprise de découvrir que la moitié des entreprises diffusaient des vidéos sur Internet n’utilisaient que leur site corporatif et passaient donc à côté de la possibilité, pour un très faible coût de production additionnel, d’accroître leur visibilité sur le Web. Seule une infime minorité d’entreprises québécoises, lesquelles sont probablement toutes conseillées par des agences Web, utilise les techniques ad hoc pour exploiter YouTube comme il se doit afin de générer notoriété et trafic.

FAITS SAILLANTS

Comme Google, YouTube domine le marché au Québec

Quel(s) site(s) utilisez-vous pour faire la promotion de vos vidéos ?
YouTube.com 22 %
Daily Motion 0 %
Site d’entreprise ou site partenaire 62 %
Autres (précisez) 4 %
Ne sais pas 16 %

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FAITS SAILLANTS

Au Québec, plus de la moitié des entreprises ne diffusent leurs vidéos que sur leur site

Mettez-vous vos vidéos sur votre site Web d’entreprise ?
Oui, uniquement sur mon site 52 %
Oui, mais aussi sur un des sites de vidéo 34 %
Non, uniquement sur un des sites de vidéo 14 %

La veille concurrentielle a un bel avenir

Comme le révèle le Baromètre multiple-media.com, être présent sur YouTube, dans le contexte d’une entreprise québécoise, constitue un signe d’avant-gardisme et de pro-activité qui se traduit par le fait que ceux qui y sont savent que leurs concurrents n’y sont souvent pas. Il est un peu effrayant, par contre, de voir que 39 % des entreprises n’ont aucune idée si leurs concurrents utilisent ce type de stratégie.

FAITS SAILLANTS

Les entreprises présentes sur YouTube bénéficient d’un avantage compétitif

Est-ce que vos compétiteurs sont présents sur YouTube ?
Oui, ils y sont 24 %
Non, ils n’y sont pas 37 %
Ne sais pas 39 %

Le Baromètre voulait aussi savoir si YouTube était, tout simplement, visible dans les entreprises au Québec et, sans surprise, seule une entreprise sur deux autorise la diffusion de la chaîne vidéo sur son réseau d’entreprise.

FAITS SAILLANTS

Une entreprise sur deux bloque l’accès à YouTube

L’accès à YouTube est-il permis sur le réseau de votre entreprise ?
Oui 50 %
Non 48 %
Ne sais pas 2 %

Conclusion

Comme dans notre précédent sondage du Baromètre multiple-media.com sur le courriel marketing, nous constatons que quelques entreprises du Québec sont au fait des techniques de marketing en ligne et, dans ce cas-ci, utilisent la vidéo sur Internet à bon escient en capitalisant sur la visibilité que peut générer YouTube.

FAITS SAILLANTS

La vidéo en ligne ne fait pas partie des outils marketing de référence au Québec

Prévoyez-vous dans votre plan stratégique diffuser des vidéos sur le Web au cours des 12 prochains mois ?
Oui 34 %
Non 57 %
Ne sais pas 9 %

La vaste majorité des entreprises connaissent peu ou mal les techniques avancées qui permettent de faire la promotion d’un produit ou d’un service sur le Web et ne diffusent donc pas leurs vidéos sur YouTube, ou même tout simplement sur le Web. Et comme le démontre le Baromètre ci-dessus, la tendance ne va pas s’inverser au cours des prochains mois.

L’équipe du Baromètre multiple-media.com se fait un point d’honneur de s’appuyer sur des données québécoises, reflets de la réalité du tissu économique et de son marché. Mais alors que la Caisse de dépôt et placement du Québec parle de plus en plus des petites et moyennes entreprises québécoises multinationales (PM-M),on ne peut s’empêcher de regarder ce qui se fait chez notre plus proche voisin, qui est à la fois client et concurrent. Un récent sondage réalisé aux États-Unis auprès des professionnels en marketing(3) met en exergue que 84 % d’entre eux utilisent déjà la vidéo en ligne dans leurs stratégies Web et qu’ils comptent encore augmenter cet outil au cours de la prochaine année. Leur recours à du contenu éditorial, des vidéos virales et témoignages est cohérent avec leurs objectifs principaux de soutenir l’image de marque, gagner de la visibilité (entre autres grâce à YouTube), bénéficier de marketing viral et augmenter l’usage/appropriation du site Web. Ce sont, sans nul doute, des éléments que le Baromètre multiple-media.com désirerait faire ressortir d’un prochain sondage au Québec car il symboliserait une plus grande maîtrise des stratégies de marketing Web par les entreprises d’ici.

Quelques conseils multiple-media.com

Comment optimiser sa vidéo sur YouTube être bien référencé et avoir des chances d’être vu…

Il ne faut pas oublier qu’une vidéo est invisible par les engins de recherche, y compris celui de YouTube. Il faut donc l’aider à être bien indexé pour sortir bien placé dans les résultats. Ces conseils simples s’appliquent donc aussi bien à une vidéo qu’à une chaîne que vous désireriez optimiser sur YouTube.

  1. Nommez votre vidéo en utilisant des termes représentatifs
  2. Utilisez les sous-titres. Ces derniers sont indexés par les engins de recherche
  3. Ajoutez des liens vers votre site corporatif dans votre profil et dans votre chaîne personnelle
  4. Pour chacune de vos vidéos, indiquez une liste de mots-clés « Tags » représentatifs de votre projet
  5. Profitez des espaces d’annotation pour ajouter des notes, des sous-titres, des liens, etc.
  6. Encouragez la participation avec les options permettant de commenter, de partager et de diffuser les vidéos
  7. Marquez vos vidéos avec votre logo

Visitez la chaîne de multiple-media.com sur Youtube et visionnez les entrevues avec Renato Cudicio, président de multiple-media.com

* * * *

Références:
[1] Per-Person Online Video Viewing Jumps 13% – [Nielsen via Marketing Charts]
[2] Online Video Viewing Accelerates – [comScore via Marketing Charts]
[3] Online Video Used by 84% of Marketers – [TurnHere via Marketing Charts]

  1. 8 juillet 2010

    @Elisa
    Vrai pour les avantages liées aux plateformes. Mais un autre point important tend à être négligé aussi à travers le processus. La qualité du concept du video et la réalisation même du vidéo.

    Le rythme du vidéo, le cadrage choisi et la qualité graphique revêtent aussi un importance capitale pour dégager l’image souhaitée et tenir le spectateur en haleine afin qu’il visionne le video en entier. Par exemple, la variation des cadrages ou des angles de caméras vient souligner et mettre en évidence les éléments les plus importants du videos. Lors d’une entrevue, un détail aussi simple que l’orientation de la personne interviewé est cruciale. Le choix des couleurs et de la balance de blancs dans la composition d’image est un autre élément à ne pas négliger. C’est pourquoi il est de mise de faire affaire avec des professionnels qui connaissent à fond ces divers éléments de scénarisation, de mise en scène et de réalisation.

    Et le grand délaissé parmi les éléments à considérer: le choix de compression video et du format. Il faut savoir choisir la bonne recette d’encodage vidéo en fonction du média de diffusion. Autrement, le résultat laisse souvent à désirer. Chaque site ou plate forme utilise un lecteur différent qu’il faut savoir amadouer pour une qualité optimale.

  2. 8 juillet 2010

    @Anagram Films
    Bonjour, je suis d’accord avec vous. Il est évident que les entreprises québécoises auraient beaucoup à gagner avec les vidéos en ligne. L’objectif est oui, de faire connaître l’entreprise, mais également de bénéficier des avantages à utiliser les plateformes en ligne pour les diffuser.

    Les gens voient le travail final, soit l’aspect viral, mais n’envisage pas le processus à partir du point de départ : créer des vidéos et les intégrer dans leur démarches marketing.

  3. 8 juillet 2010

    Je peux constater tous les jours dans mon travail que les entreprises québécoises sont effectivement bien mal informées quant aux bénéfices qu’ils pourraient tirer de la vidéo virale ou webcorporative. C’est un moyen terriblement efficace de joindre le public au moment où LUI le souhaite et beaucoup moins onéreux qu’une publicité télévisée.

    Pour plus d’infos sur le vidéo viral ou webcorporatif:
    http://www.anagramfilms.ca/

  4. Jean-Pierre Le Grand permalien
    15 avril 2010

    J’aimerais beaucoup pouvoir comparer cette tendance (ou non-tendance) avec ce qui se fait en Europe et dans le reste du Canada.

    Autrement dit, le Québec est-il dernier de classe ou dans la moyenne ?

    Y a-t-il un peloton de tête, ou le premier de classe fait-il cavalier seul, loin devant tout le monde ?

    J’aimerais pouvoir me comparer, pour savoir si je peux me consoler ou si je dois au contraire me désoler !

  5. 18 mars 2010

    Je crois que les entreprises devraient produire plus de vidéos virales. Il faut profiter du bouche à oreille en faisant des vidéos originales ou humoristiques susceptibles de créer un « Buzz Marketing ».

    Avis aux intéressés: 3 livres gratuits sur le marketing Internet ici:
    http://www.reussir-entretien-embauche.com/gagner-sur-internet/index.php

    Pour des conseils sur comment réussir une entrevue d’emploi, je recommande :
    http://www.reussir-entretien-embauche.com/

  6. 16 mars 2010

    très intéressant article avec des sources fiables. Et que dire de l’utilité de ces vidéos sur Youtube pour le référencement ? un gain que les entreprises du Québec devraient saisir car vraiment pas cher payé !

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  1. Youtube et les entreprises | Karine Vezeau

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